Jusque dans vos bras / Les Chiens de Navarre – Théâtre Sorano

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© Yoann Gloaguen

samedi 13 janvier

Avec un éternel désir de briser les codes du théâtre classique -notamment ici en ignorant totalement la notion de quatrième mur, en faisant fermer les yeux et faire tenir la main à son.sa voisin.e…-, les Chiens de Navarre crée un nouveau théâtre, celui d’aujourd’hui, qui soulève de vraies problématiques, et aujourd’hui, celle de notre chère identité française. Le spectacle s’appelle Jusque dans vos bras, et il s’agit du neuvième spectacle du collectif. Participe à ce spectacle les comédien.e.s suivant.e.s : Caroline Binder, Céline Fuhrer, Matthias Jacquin, Charlotte Laemmel, Athaya Mokonzi, Cédric Moreau, Pascal Sangla, Alexandre Steiger, Takioullah Brahim, Maxence Tual et Adèle Zouane.

Le spectacle commence sur des airs de one-man show, alors qu’un comédien s’adresse à nous avec ironie, brisant complètement le quatrième mur. À cela s’ajoute ses commentaires déplacés, rendant le public bien hilare. Alors, le spectacle commence sur notre bonne vieille Marseillaise, un enterrement est mis en scène, et tout à coup, tout dégénère, alors que le spectacle commence à peine. Sang qui éclate de tous les côtés, cris, jets d’eaux… Les Chiens de Navarre, c’est ça, alors ? … Mais c’est merveilleux !

Tout commence vraiment sur cette scène de pique-nique bien français, avec la fameuse nappe à carreaux, les bouteilles de rouge à n’en plus finir, les baguettes et le fromage, mettant en scène ces odieux personnages, regroupant les pires tares existantes : racisme, homophobie, antisémitisme… Les gags, bien que déplacés, sont parfaitement maitrisés et justifiés. Le spectacle est profondément grotesque, et c’est tellement bien fait qu’on ne trouve rien à y redire. S’enchaînent ainsi des scènes, s’attaquant aux sujets tabous de l’actualité française, et toujours enveloppées d’une épaisse couche de grossièreté.

La scénographie se compose uniquement d’une pelouse bien verte, au sol, ainsi qu’un réverbère allumé, placé côté cour. De célèbres personnages français sont détournés dans un but comique, comme avec la rencontre d’un général de Gaulle géant et d’une Marie-Antoinette sanguinolente, ou encore avec l’arrivée finale d’Obélix sur le plateau.

En abordant toujours avec humour des sujets dits « sensibles », les Chiens de Navarre travaillent sur la fonction première du théâtre : celle de faire réfléchir, de soulever des questionnements. Sous ces allures de farce grotesque, ils posent le spectateur face à ses responsabilités, car maintenant, c’est certain, il ne peut plus fuir.

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Iliade + Odyssée / Pauline Bayle – Théâtre Sorano

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© PaulineLeGoff

samedi 9 décembre

Pauline Bayle, jeune metteuse en scène, tout juste sortie du Conservatoire, décide de relever le défi osé de monter pour un public contemporain « Iliade », puis « Odyssée ». Elle s’attaque aux grands classiques de la littérature antique. Ils·elles sont donc cinq jeunes comédien·e·s, armé·e·s d’audace, d’humour, mais surtout de talent, et c’est presque tout ce dont ils·elles ont besoin pour nous faire voyager pendant près de trois heures, durant cette intégrale Iliade + Odyssée.

La jeune troupe nous ramène au temps de la guerre de Troie : Pauline Bayle l’indique elle-même, Iliade raconte comment faire la guerre, alors qu’Odyssée, raconte comment en revenir. Et ça se sent dans la mise en scène.

Dans Iliade, on voit l’empreinte de la violence dans chaque mot prononcé, une rage dans la voix, qui correspond à un temps de guerre. L’espace scénique est délimité par des seaux, dont nous découvrons la contenance au fur et à mesure. Le plateau est brut, presque nu, à part ces fameux seaux, quelques chaises, et du papier kraft collé au sol. Les scènes de violence et de guerre sont très prenantes. On découvre vite que les premiers seaux sont remplis de faux-sang. Les suivants, de paillettes, argentées, puis dorées, symbolisant des armures. Cela donne d’ailleurs un très bel effet, lorsqu’elles s’envolent.

On retrouve aussi un réel désir de parodier les divinités. Chaque dieu·éesse est représenté·e par un objet : une casquette pour Poséïdon, une perruque blonde pour Aphrodite, un soutien-gorge pour Héra, un collier en forme d’éclair pour Zeus… De plus, ils·elles sont représenté·e·s comme des êtres ridicules, burlesques, parlant des humain·e·s comme de vulgaires jouets, et critiquant la guerre qui se déroule comme d’un genre de match, ou de jeu, chacun·e ayant son « équipe » favorite. Cette vision-là des dieux·ésses rend alors les scènes des divinités hilarantes, apportant un peu de légèreté au milieu de cette ambiance de guerre.

J’ai également été fortement marquée par ce mélange, cette « ignorance », presque, du sexe des personnages. J’appréhende toujours un peu les spectacles où les hommes jouent des femmes, et inversement, car j’ai toujours peur que les comédien·es exploitent des stéréotypes de genre. En revanche, ici, dans le cas de Iliade (et cela vaut aussi pour Odyssée), ce n’était vraiment pas le cas. Les deux comédiennes ont des voix si fortes et fermes qu’elles peuvent facilement jouer des hommes sans que cela paraisse déstabilisant, et surtout sans tomber dans le cliché. De la même manière, les trois comédiens, ayant aussi une certaine « douceur » dans la voix peuvent alors faire de même. Voilà pour moi une bonne manière d’interpréter un rôle du sexe opposé sans tomber dans la caricature.

Sur Iliade, Pauline Bayle fait le choix de mettre en scène un classique de littérature antique, et pourtant, elle rend le texte très accessible au public contemporain. Pour cela, elle fait jouer sur scène de très jeunes comédien·e·s avec une énergie débordante. Elle adapte le texte, en modernisant le langage et en créant des scènes drôles, rendant le spectacle un peu plus léger. De plus, Pauline Bayle prône ici un théâtre épuré, avec très peu de choses. Les quelques effets mis en place relèvent du très simple, et pourtant, l’effet est immédiat.

Suit ensuite Odyssée : cette fois, l’espace scénique est délimité par des chaises. Tous les comédien·es sont toujours tous sur scène, et il y a une alternance entre les personnages : chacun·e joue Ulysse, ils sont tou·te·s un peu Ulysse en même temps. C‘est une autre émotion qui domine ici, car là où Iliade était riche en humour, Odyssée se démarque par des scènes pleines d’émotions. Je pense notamment à la scène d’arrivée de Ulysse sur l’île de Nausicaa, où il est nu, et où le jeu de lumières était très beau et très poignant. C’était un moment très troublant, de voir cet homme, grand et élancé, nu, se jetant au sol et se recroquevillant. De plus, j’ai été très touchée par le retour de Ulysse à Ithaque, mais surtout par la scène d’amour entre Ulysse (Charlotte van Bervesselès) et Circée (Yan Tassin). Frappée par cette image de ce petit corps de femme, grimpant entre les bras de cet homme grand et maigre. S’en suit une étreinte poignante, des corps qui se serrent. Vraiment troublant. Et c’est d’ailleurs là que on sent la différence entre les humain·e·s et les dieu·éesse·s : l’amour, chez les dieu·éesse·s est vulgaire, grotesque et bruyant, peu amoureux, si bien que la scène est drôle. Chez les mortel·le·s, l’amour se fait avec tendresse, douceur.

Pour conclure, j’ai passé un moment incroyable devant ce spectacle. C’est ce théâtre que j’aime : un théâtre qui part de pas grand chose, en l’occurrence d’une bande d’ami·e·s, sortis de l’école, et qui arrivent à nous emmener ailleurs, à nous faire rire, frissonner ou même pleurer. Un grand bravo à eux.

Avec Charlotte van Bervesselès, Florent Dorin, Alex Fondja, Viktoria Kozlova et Yan Tassin.

 

 

Claude Fèvre & Emilie Marsh – Le Bijou

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vendredi 13 octobre

Ce soir, dans l’intimité du Bijou, Emilie Marsh et Claude Fèvre nous offrent un bien beau portrait, celui de Brigitte Fontaine, celui de l’artiste en déshabillé de soie. Alors que la guitare d’Emilie grince délicieusement, Claude entre en scène. Elle est comme une apparition. « Je mesure 1m69. Je suis une femelle francophone de race blanche. ». Ses yeux semblent habités par quelque chose d’éloigné, qui la rend différente, ce soir. Les mots coulent hors de sa bouche, ils se fracassent contre nos oreilles. Rythmée par la guitare électrique d’Emilie, les mots de Claude frappent : « Je suis méchante ! Foutez-moi la paix ! (…) Méfiez-vous de moi ! »

Emilie et Claude sont là l’une pour l’autre : l’une dans l’univers des mots, l’autre, plongée dans sa musique, faisant vibrer sa guitare, explorant chacune de ses sonorités. Puis cette dernière rompt le rythme, un instant, et laisse Claude dans un silence troublant, avant de la rejoindre à nouveau. Toutes les deux jouent à un merveilleux jeu. Claude décortique chaque mot, explore chacune de ses sonorités, de ses syllabes. L’amoureuse des mots est majestueuse. Emilie, à côté d’elle, a le regard ancré sur l’horizon, puis elle détourne les yeux vers Claude. Elle l’admire, l’étudie.

Les deux artistes prennent l’espace qu’on leur offre, et elles le remplissent de mots et de musiques, de petits morceaux d’elles-mêmes. Elles se réunissent pour notre grand bonheur, dans un moment unique et intime. Le texte est rythmé par l’obsession de Brigitte Fontaine : son déshabillé de soie, ses « frôlements », ses « gonflements ».

« La vie est menteuse, sadique, sournoise, satanique. La vie est folle de moi, mais pas moi… » Claude clame ses mots comme si ils étaient les siens, les chuchote parfois, les hurle à pleins poumons, en un seul cri, de douleur ou bien de rage. Claude est à la fois parfaitement ailleurs et tellement présente. Elle sombrerait presque dans une délicieuse démence. Les deux femmes sont illuminées par une lumière tamisée, elles sont resplendissantes.

Claude enfile un blouson de cuir noir, le regard suspendu dans le vide : « vêtue en bécassine japonaise ». Parfois même, elle chantonne, marmonne : c’est beau, ça tremble, un moment à fleur de peau. Alors qu’Emilie bouge lentement sous les battements de son instrument, elle joue avec un foulard d’un jaune éclatant.

Adossée au pilier noir, Claude est belle, le regard suspendu dans le vide. Emilie ne la lâche pas, sa guitare est là pour soutenir le moindre de ses mots. « Il n’y a pas de conclusion, même pas de commencement. Tout est là comme toujours. Mais quelque chose s’est produit. »

Photo Emilie : © Romain Jacquot

chantercestlancerdesballes.fr

www.emiliemarsh.com

Camille Hardouin – Le Bijou

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© Nicolas Blanchard

jeudi 21 septembre

Camille Hardouin est comme une enfant découvrant le monde qui l’entoure : son regard rempli d’innocence est brillant de malice, et il se pose avec amour sur son public. Pour elle, le Bijou, c’est comme « un ventre de baleine à l’abri du monde ». Et c’est dans cette intimité et dans cette fébrilité que la jolie Camille nous livre les chansons de son nouvel album. Ses bras dansent au dessus de sa tête, pour elle, avec elle, dévoilant les mots qui y sont griffonnés.

Magnifiquement accompagnée par la guitare et la contrebasse de Jean-Laurent Cayzac et par la clarinette de Louise Goupil, Camille éclaire, comme une nébuleuse. Elle nous chante sa chanson « Le Géant », une chanson d’amour et d’émerveillement : « Oui, je l’ai embrassé, c’était embrasser la montagne ! ».

Camille articule dans un anglais chaleureux sur le titre « Lies », fait résonner sa voix au creux de la contrebasse ou fait glisser un archet le long de sa guitare électrique. Son monde à elle est un monde d’expériences, d’innovations dont elle a le secret. Camille nous invite à un voyage vers « un endroit qui n’existe pas ». Dans l’obscurité, sa silhouette se dessine mystérieusement. L’émotion la submerge et sa voix se brise : elle est à fleur de peau, elle vit ses chansons, et c’est ainsi qu’on l’aime.

« Je m’enfuis comme une femme, je marche comme une reine, je pleure comme une voleuse »

lademoiselleinconnue.blogspot.fr

 

Alexis HK – Le Bijou

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© Marc Philippe

jeudi 14 septembre

Tonnerre d’applaudissements, tempête de sourires et tornade de rimes ce soir au Bijou avec Alexis HK. Il nous présente son nouveau tour de chant, qu’il précise « interdit aux enfants de moins de 36 ans »… Calme et posé, Alexis paraît confiant. Car rien ne peut lui arriver une fois qu’il est sur scène. Il n’a plus rien à prouver, mais tant à nous faire découvrir…

Alexis amuse quand il parle des « trolls » d’Internet ou fait sourire quand il raconte son amour pour les canidés. Le public est pendu à ses lèvres et à sa guitare, alors qu’il se trémousse au rythme de ses ritournelles… Le chômeur intermittent fond comme une gourmandise, un bonbon sucré mais un peu piquant sur le bout de la langue.

Alexis se présente avec nonchalance : la scène, c’est son chez-lui, et nous sommes ses amis les plus proches. Les mains dans les poches de son jean, presque, il quitte sa carapace d’« ours bipolaire », d’ « hermite en colère ». Il annonce que « c’est un peu dark, mais je vous rassure… ça va pas s’arranger ». En effet, il aborde dans ce nouveau spectacle les « tréfonds de l’âme humaine », mais ce n’est pas pour autant qu’Alexis va nous faire sombrer dans le déprime, bien au contraire. Car malgré la noirceur de certaines chansons, l’indémodable Alexis est tout plein d’amour, et il nous chante la vie, la vraie, avec une simplicité enivrante.

www.alexishk.com

Festival International de la Chanson de Granby

jeudi 24 et vendredi 25 août – église st-geoges et restaurant « c’est belge »

Festival International de la Chanson de Granby

BONBON VODOU

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© Jean-Noël Cantelli

mercredi 23 et jeudi 24 août – église st-georges et pub du village 

Bonbon Vodou, c’est un duo pétillant aux influences créoles et africaines, composé de JereM et d’Oriane Lacaille.

Ces deux-là portent bien leur nom, car leur spectacle est semblable à une douce friandise qui fond et qui picote sous la langue. Les musiques sont entraînantes et charmantes. Il est à la guitare, au ukulélé et au chant. Elle est au chant et aux percussions. Ils s’assemblent si parfaitement, qu’on ne pourrait imaginer l’un sans l’autre. Il est fort, elle est douce, et parfois c’est l’inverse. Elle est sérieuse, il est joueur, et parfois ils inversent. Les voix sont harmonieuses et s’entremêlent splendidement. Leur si grand sourire est communicatif et lumineux.

Ça pétille, ça explose et ça donne envie de se trémousser : Bonbon Vodou, c’est un vent de fraîcheur et d’amour qui s’abat sur Granby !

On est si bien en leur compagnie qu’on serait prêts à faire nos valises pour partir avec eux faire le tour du monde… « en vélo d’appartement », pourquoi pas !

« A force de faire les crétins, de se dire ‘ma biche, oh ma biche’, se jeter des coups d’œil en coin, nous v’là amoureux, c’est malin ! »

www.bonbonvodou.fr

Festival International de la Chanson de Granby

MEHDI CAYENNE

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© Geneviève L. Richard

mercredi 23 août – cocktail de la nuit émergente de sudbury 

Ses yeux crépitent d’un feu qui ne s’éteindra pas. Il se déhanche comme si sa vie en dépendait, et c’est sa guitare qui dicte ses mouvements. Avec son instrument comme seule arme, Mehdi Cayenne défie la vie avec audace. Un sourire taquin accroché aux lèvres, il grogne, il crie, il s’embrase, mais surtout il chante.

« Je t’aime à des heures impossibles », les mots lui brûlent les lèvres : il les laisse sortir, et ses paroles viennent nous frapper en plein visage.

C’est comme si le diable avait pris possession de son corps qui se secoue et de ses membres qui tremblent. Il saute hors de sa boîte, et le voici devant nous pour notre plus grand bonheur. Son sourire est enjôleur et sa voix est écorchée. Il entraîne le public au rythme de ses folies.

Mehdi Cayenne, c’est un incendie qui ravage tout sur son passage. Mehdi Cayenne, c’est une étonnante étincelle à l’accent chaud. Medhi Cayenne, c’est un immense brasier. Un feu de joie.

www.mehdicayenneclub.com

 

Archibald – Le Bijou de l’Été

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© Michel Gallas

mercredi 02 août 

À Sengouagnet, juste devant les Pyrénées, Archibald est le rayon de soleil qu’on attendait, celui qui a chassé la pluie, et qui va créer un arc-en-ciel rien que pour nos mirettes. Poète engagé d’aujourd’hui, il arrive, les bretelles tendues, le chapeau vissé sur le sommet de la tête, la chope bien remplie. « Enivrez-vous ! » qu’il nous dit ! « De vin, de poésie ou de vertu », eh bien nous, ce soir, c’est de chansons que nous allons être ivres. Ce soir, « Le spectacle retentira pour toutes ces fesses assises sur ces bancs de bois ».

Le public, attentif, écoute dans le silence le plus profond. Archibald s’accompagne seul, il chante, il fait du beat box, et il joue de la guitare, de la flûte traversière, et même de la machine à écrire ! Il nous conte sa rencontre avec Rufus, le SDF liseur de poèmes et il nous émeut en nous racontant l’absence de son père : « jamais t’as vu un de mes concerts, jamais tu m’as soutenu ».

La guitare à la main, Archibald nous charme, venant rencontrer nos oreilles attentives, en reprenant cette chanson de IAM : « Petit frère a déserté les terrains de jeux / Il marche à peine et veux des bottes de sept lieux / Petit frère veut grandir trop vite / Mais il a oublié que rien ne sert de courir, petit frère… ».

Dans la nuit profonde qui est tombé sur Sengouagnet, Archibald est roi. Ses chansons sont résolument engagées, elles sont le fruit de son indignation.
Il rend hommage aux « intergitans du spectacle », ceux qui l’ont fait rêver, qui lui ont mis des étoiles dans les yeux quand il était môme. Et avec lui, « on prend la route à perdre haleine, et là, on se retrouve en Espagne ! ».

L’air nonchalant et sûr de lui, Archibald nous raconte la réalité cruelle du monde dans lequel nous vivons. Archibald est comme un miroir qui nous fait voir notre propre reflet, celui qu’on essaye parfois d’oublier.

« Une plaie s’est ouverte sur les trottoirs de nos ruelles / Les effluves de sang qui en émane sont cruelles »

Il crée de la musique avec sa bouche comme si c’était une évidence. Il manie les mots et le son comme s’il l’avait toujours fait.

Il fait « Vallser » son public sur une ritournelle enjouée. « Comme c’est une chanson de droite, j’ai pris les accords à Charles Trenet », commente-il avec humour.

Puis quand le spectacle touche à sa fin, Archibald renfile son manteau couleur nuit, et sort, digne et fier.

http://archibaldsolo.wixsite.com/archibaldsolo

Festival d’Avignon 2017 – Théâtre de l’Arrache Coeur

Ces trois chroniques sont plutôt courtes car j’ai vu ces trois artistes il y a maintenant deux semaines. Par conséquent, mes souvenirs sont moins frais. Les prochaines chroniques seront plus longues. Bonne lecture !

NICOLAS JULES

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© David Desreumaux

samedi 22 juillet 2017

C’est dans la chaleur étouffante de l’Arrache Cœur, en Avignon, que Nicolas Jules débute son concert. Les cheveux en bataille, son habituel regard perdu dans un autre univers. Dans son univers. Flanqué de ses deux acolytes, à sa gauche, Roland Bourbon, qui pour nous a tombé le haut, est le maître des percussions. À sa droite, Brice Perda, plus discret, nous chante une ritournelle dans son tuba. Le spectacle peut commencer, c’est parti, bonne chance et bon voyage.

Nicolas nous chante ses bizarreries et ses folies, il « oint » pour nous, pour notre plus grand bonheur. Sa guitare circule dans la salle, au sens propre comme au sens figuré. Quand Nicolas prend la parole au micro et nous charme de sa voix, c’est notre coeur qui « tourne, tourne dans la bétonneuse ».

www.nicolasjules.com

AMÉLIE-LES-CRAYONS

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© Francis Vernhet

samedi 22 juillet 2017

La jolie Amélie, accompagnée de ses deux chevaliers servants, Olivier Longre à la guitare et aux percussions, et Quentin Allemand, au marimba, au mélodica et aux percussions, nous offre une heure hors du temps. Dans la petite salle de l’Arrache Cœur, chacun retient son souffle, laissant la princesse Amélie chanter et taper des mains. Entre Mulan et Pocahontas, Amélie-Les-Crayons est la reine de cette heure de bonheur.

Le spectacle est à l’image de son nouveau spectacle, « Mille Ponts » : doux, lumineux, envoûtant. Amélie danse, chante, est prête à prendre son envol. Derrière son piano, ses doigts virevoltent, elle est comme une magicienne de la musique. Elle finit en nous invitant dans sa valse, dans sa danse, dans son monde, dans son « bal des vivants ».

www.amelielescrayons.com

CLÉMENT BERTRAND

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© Jeanne Vaillant

samedi 22 juillet 2017

Clément Bertrand présente dans l’intimité de l’Arrache Coeur, l’intimité de son âme. Accompagné du jeune Nolan Rivetti, dit « Nono », le duo prend la parole pour nous conter la vie, la vraie. Sa plume écrit des mots que sa voix grave vient nous chanter. Des histoires privées, confidentielles. Il nous envoie ses phrases, et nous les recevons dans la plus sincère des émotions. Magicien des mots, Clément Bertrand émeut et touche.

Le public fait la rencontre de divers personnages, de diverses personnalités, et toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est aucunement le fruit du hasard.

http://clementbertrand.wixsite.com/clementbertrand